Quand on est producteur, on n’a pas toujours l’inspiration quand on travaille. On peut se retrouver pendant des heures devant les différents outils de production sans rien trouver. Pour pallier à ce problème de la « Prod blanche », en référence à la page blanche, certains décident de piocher dans des productions déjà existantes et d’y mettre leur petit grain personnel. C’est comme ça qu’est né le « sampling ».

Mais au fait, qu’est-ce que le sampling ? Il s’agit là en fait de prendre une partie ( ou même l’entièreté pour certains artistes ) d’un beat déjà existant pour le retravailler et en faire un son à sa sauce. En gros c’est prendre du vieux et le recycler pour en faire du neuf. Mais alors, est-ce une petite escroquerie ou alors du génie ??

8_montage_PH_PS
Pierre Henry et Pierre Schaeffer

Petite bio

Lorsqu’on remonte le temps et qu’on s’arrête en 1940, c’est là que le sampling est né et qu’il fait ses premiers pas. Le mouvement commence par 2 artistes qui sont Pierre Henry et Pierre Schaeffer . Surprise, ce sont donc 2 Français qui ont découvert le sampling ! Le premier est un compositeur de musique électroacoustique né en 1927. Il est notamment connu pour son oeuvre Messe Pour le Temps Présent où l’on retrouve le titre Psyché Rock et qui a servi pour le ballet du même nom de Maurice Béjart.
Schaeffer 
lui est un ingénieur, chercheur, écrivain et aussi compositeur, rien que ça ! Il est né en 1910 et est aussi un adepte de la musique électroacoustique, genre pour lequel il est réputé en être le père avec également la musique concrète. Il s’est notamment fait connaitre par ses études sur les bruits qu’il a publiés en 5 volumes. Il est également perçu comme un musicologue à travers ses différentes études menées comme celle citée plus tôt ou encore sur les allures ou les sons animés.

La rencontre 

C’est en 1946 que les 2 hommes se rencontrent pour la première fois et ça se passe dans les locaux de la Radiodiffusion-télévision française sur l’émission Le Club d’Essai. C’est Schaeffer qui fait le premier pas en invitant Henry dans l’émission après qu’il a été impressionné par le travail de ce dernier dans une bande son qu’il a créée pour un film traitant de l’invisible. Les 2 Pierre vont finir par collaborer en 1950 sur le projet Symphonie pour un Homme Seul qui est considéré comme l’oeuvre fondatrice de la musique concrète.

Le Sampling aujourd’hui

Entre la musique concrète et la musique qu’on écoute aujourd’hui, il y en a eu du chemin parcouru. Alors que dans les années 1940 on samplait des bruits de trains ou de cloches, maintenant on peut sampler pratiquement tout. On peut, juste en restant derrière son ordinateur, sampler n’importe quel hit et de manière très facile et rapide. A travers notre chronique, nous allons vous faire découvrir 3 samples chaque semaine et vous raconter l’histoire derrière ce titre.

1. Bryson Tiller – Exchange / K.P. & Envyi – Shorty Swing my Way

Exchance, un des titres qui a fait connaitre Bryson Tiller au grand public avec Don’t. Une explosion dans les charts pour le jeune artiste et ce grâce à un sample d’un collectif de Hip Hop pas très connu. Il y a en tout une dizaine de personne derrière ce nom de K.P. & Envyi dont notamment Algebra Blessett qui a eu sa petite carrière de Néo-Soul ou encore Mixzo qui a produit pour certains artistes comme Lil Wayne, Aaliyah ou encore Maxwell. 

 

2. The Weeknd – Tell Your Friends / Soul Dog – Can’t Stop Loving You

A l’heure actuelle, ce qui est sûr c’est que l’un des 2 titres est plus connu que l’autre, largement. On peut dire que Kanye West ne s’est pas trop cassé la tête avec la production de Tell Your Friend tellement les similitudes sont frappantes avec le titre de Carl Marshall, guitariste funk plus connu sous le nom de Soul Dog. 

3. Trey Songz – Yo Side of the Bed / Prince – Purple Rain

On le sait tous, Prince est l’une des personnes les plus samplées dans le RnB et même dans le Hip Hop. Cette fois-ci c’était Trey Songz qui avait fait un petit clin d’oeil à Prince avec son titre Yo Side of the Bed. D’ailleurs ce morceau existe en 2 versions où le refrain diffère, l’un qui est sur l’album Ready et l’autre sur Anticipation.